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| Dan Bigras |
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Du rêve à la réalitéAprès une année 2008 chargée, Dan Bigras avait décidé de mettre la pédale douce en 2009. Mais quand on a un studio dans la maison, qu’on adore la musique et qu’on se met à bricoler sur les classiques qu’on chantait dans les bars il y a plus de vingt ans, difficile de résister aux chants des sirènes. Résultat: un an presque jour pour jour après Duos de la tendresse, Bigras nous offre Fan, une collection de douze titres mythiques. Hit the Road Jack, Mr and Mrs Jones, La grange, Câline de blues, Just a Gigolo et When a Man Loves a Woman figurent sur ce que Bigras appelle «le disque que je rêvais de faire quand je jouais ces chansons dans les bars». «J’ai eu une grosse année, en 2008, et je devais prendre du temps pour moi. J’avais pas mal réussi. J’avais pris de bonnes vacances de Noël. Mais à force de m’amuser dans mon studio sur les chansons que je faisais dans les bars, la fièvre m’a pogné. Je n’étais plus capable d’arrêter ça. Je travaillais 18 heures par jour. Ma blonde devait me donner des coups de marteau pour que j’aille manger», dit le chanteur, qui affirme d’ailleurs avoir beaucoup de difficulté à s’extirper de son studio. «Avoir son studio, c’est une liberté esclavagiste. Je fais partie des quelques artistes qui ont eu la chance de pouvoir se construire un studio à la maison. J’en rêvais depuis que j’avais 15 ans. Même modeste, je m’en foutais, mais je voulais quelque chose qui me permettrait de travailler. Mais quand tu l’as, c’est comme un joueur compulsif qui se fait installer un casino dans son salon: c’est certain qu’il ira jouer aux machines à un moment donné.» UN ORCHESTRE POUR PAS CHERÀ l’écoute de Fan, les auditeurs noteront la présence d’une imposante section de cuivres. C’est que Dan Bigras a eu le chance de recourir au Montreal All City Big Band, un organisme à but non lucratif qui permet à des musiciens amateurs de percer sur le marché du travail. «Quand on regarde des émissions comme Star Académie, on voit bien la difficulté des jeunes artistes à se faire connaître. Mais la difficulté pour les musiciens d’accompagnement à se faire connaître et à trouver du travail est tout aussi importante», note Bigras, tout heureux de pouvoir s’offrir le luxe d’un big band sans devoir s’endetter jusqu’au cou. «Dans la réalité économique québécoise, ça me permet de ramasser 23 musiciens et de les amener sur la route, alors que je ne pourrais jamais faire ça dans la vraie vie.»
TOUT LE MONDE EN TOURNÉEJustement, les relectures de Fan prendront vie sur scène, au grand étonnement du principal intéressé, qui ne croyait pas que les diffuseurs seraient désireux de présenter un tel spectacle. «Mes duos (avec des chanteuses québécoises), pour un diffuseur, ce n’est pas trop risqué. Il sait qu’il remplira sa salle et que ça ne coûtera pas trop cher. Mais quand j’ai parlé avec mon agente d’un spectacle de big band, je pensais qu’elle me dirait d’oublier ça à cause de la crise économique. Elle m’a rappelé deux jours plus tard pour me dire qu’une quinzaine de diffuseurs étaient intéressés. Et le disque n’est même pas sorti, ils ne savent pas ce que je fais. Je capote!»
Pas question de dire non au RefugeMine de rien, le désormais fameux Show du Refuge de Dan Bigras en sera cette année à sa dix-neuvième présentation. Encore une fois, l’interprète de Tue-moi a réuni plusieurs gros noms de la colonie artistique québécoise dans le but d’amasser des fonds pour l’organisme qui vient en aide aux sans-abri de Montréal. Sylvain Cossette, Lulu Hughes, Kra-Z-Noise, Éric Lapointe, Stéphanie Lapointe, Marjo et Annie Villeneuve monteront donc sur la scène du Théâtre Saint-Denis, le 7 octobre. Le spectacle sera télédiffusé à Radio-Canada, le 27 décembre. Comme par les années passées, Dan Bigras n’a pas eu besoin de tordre beaucoup de bras pour obtenir le soutien de ses collègues. «Chaque fois, j’ai une belle réponse. Quand il y en a un qui ne peut pas, on dirait qu’il est prêt à se mettre à genoux pour s’excuser», dit celui qui apprécie surtout l’esprit de camaraderie qui se crée entre les participants. «À un moment donné, il faudrait que je réussisse à traîner un journaliste en cachette pour lui montrer ce qui se passe après le spectacle. Une année, Garou nous avait emmenés dans son bar sur Saint-Laurent, où il avait réservé un étage pour nous.» «Lui et Daniel Boucher ont dansé un slow langoureux. Il y a une ambiance entre tout le monde qui est écoeurante, parce que tous savent qu’ils ont fait quelque chose de beau et qu’on a apporté 250 000 $ au Refuge.»
Source : Canoé
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